Poesía y traducción

Pierre Peuchmaurd


BLACK SUITE

à Jimmy

Le ciel est vide sous les draps
l’hiver noircit la forêt
des fleurs insubmersibles
gardent les profondeurs
La corde dans l’escalier
balance comme une horloge,
comme les flottants poumons de l’ombre,
le corps rouge du poème

***

Nul ne voit le sang dans son verre
nul n’aboie à sa caravane
nul ne passe
Au premier feu, le cœur s’affaisse –
cotons et poudres
blouses dans l’air noir

***

Nuages d’or
fer dans la gorge,
on reste longtemps
l’œil sur le crépuscule
et le fer dans la gorge
On s’oxyde

***

Affection exonérante
éclosion de bêtes mortes
printemps tenaille,
ça ne va pas tarder à suffire,
ça suffit
C’este comme ce qu’il a fallu de sang
pour passer du veau vivant
au bracelet de ma monte

***

Les chevaux d’ambulance
les chevaux du mardi
aux jambes coupées comme celles des hommes,
les chevaux du pas de danse
sur la piste des faucheurs
et dans les longs couloirs
l’écho de leur entrailles

***

Sous le dais blanc, le dé noir
le bras de l’infirmière
dans la nuit de la soif
Galeries des morts, petites bouteilles
et les premiers couteaux du jour
comme si c’étaient des cris de singes
en haut de la lumière

***

Toute la nuit le bruit du couteau sur la pierre
et tout le jour le bruit de la pierre sur la tête
Toute la nuit le bruit du feu dans la poitrine
tout le jour le feu du bruit dans la mâchoire
La ronce poussée dans l’œil
est la seule fleur de ce matin

***

Faucons de grêle
Des paupières de plomb
se ferment à midi,
des rideaux de chair,
des jupes de fer,
de lentes agrafes
dans la poitrine
Le soleil sur la pierre
est en retard d’une ombre

***

La terre n’est pas ronde,
la terre est un rectangle
de viande sale et de sangles,
un bout de faim dans la louche
La terre est une vallée de crabes

***

Mort le porceau, que faire des perles ?
À qui offrir la rosée bleue ?
À quelles épaules fades
quels cheveux jaunes
quelle sainte horreur
quel corps pourri ?
À qui jeter les perles molles ?



***


Peuchmaurd es traducido por:

- Miguel Casado

Publicado el 20/5/2010



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